De vous à moi : Ainsi va la vie.


Bonjour à tous, je reviens d'une semaine de vacances passée avec ma famille recomposée dans le Pas de Calais, là où je suis née.

Pourquoi me direz-vous choisir cette destination à cette période où il fait si frisquet? Tout simplement parce que pour savoir où on va, il faut savoir d'où l'on vient. Et par les temps qui courent, il me semblait important de faire le point sur ce que j'aspire réellement : remettre au goût du jour certains de mes projets anciens ou mettre définitivement un terme à ce que je pensais devoir créer un beau matin.

Par moment, on se sent comme appelé par un destin qui nous dit de faire exactement ce qui nous motive chaque matin. Et pourtant, il ne semble pas que cela soit dans les aspirations de certains car tout ce que l'on met en place ne prend jamais la lumière du jour.

"Trop tôt", diront certains quand j'ai vu finalement bon nombre de mes projets repris par d'autres car je n'avais pas su me lancer sans crainte.

Alors aujourd'hui, j'aimerais qu'on me raconte une histoire qui me plairait bien, qui dirait "il était une fois une petite fille qui avait plein de dons innés et qui s'en servait pour faire plaisir aux autres et leur montrer que la vie c'est en la prenant à bras le coeur qu'on finit par se sentir aimé".

Or, tout ce que je cherche à mettre en place depuis quelques années ne trouvent pas d'issue dans ce que je suis venue ici expérimenter.

Je me suis lancée en tant que thérapeute car les soins que je prodiguais aider les gens à se sentir mieux(preuves et confirmations de ceux sur qui j'ai posé les mains et répondu aux questionnements divers). Sauf qu'aujourd'hui même, mes clients réels(ceux qui payent leur consultation) se comptent sur les doigts d'une main.

Puis, j'ai eu l'idée de faire des week-end bien-être(Les douces parenthèses) où chacun pourrait trouver la solution à ses problèmes en proposant bon nombre de thérapies diverses, dispensées par mon mari praticien chamanique et masseur intuitif et moi-même en tant que naturopathe, médium et psycho énergéticienne. Mais là encore malgré des lieux de références exquis, pleins de charme et de belles énergies, rien n'a pu se concrétiser. Diplômée de l'école hôtelière, avec le plaisir constant de recevoir amis et parents, une grande famille recomposée et ayant donné des cours de cuisine à l'école maternelle aux élèves de petites sections pendant plus de 5 ans, c'était ma voie toute tracée.

Malgré tout, je garde espoir en ce que je suis et en ce qui m'anime de l'intérieur. La preuve, j'ai créé avec mon mari une association Homéus Corpus avec une cotisation unique pour toute la durée de l'adhésion afin de pouvoir permettre à tous les néo-thérapeutes et acteurs du changement de se faire connaitre et de se réunir autour de valeurs qu'ils partagent et qu'ils souhaitent mettre en avant bien plus que leurs diplômes. C'est une demande récurrente et pourtant nous sommes 7 aujourd'hui! Le besoin n'est-il donc pas si présent? Les gens préfèrent-ils se plaindre que rien ne va plutôt que de se mettre en action?

J'ai emménagé dans une grande ville proche de Paris après 17 ans passés dans le sud, où on ne peut plus trouver de médecins traitants quand on est un nouvel arrivant. Les médecines douces et thérapies diverses devraient donc avoir la vie belle. La confiance ne semble malheureusement pas au rendez-vous : à commencer par les habitants eux-mêmes qui doutent de tout sauf de tout ce qu'ils achètent chaque jour dans les boutiques de marque.

Alors oui, il était important de retrouver mes racines et de voir que finalement, j'avais bien eu raison de partir et que ma vie, c'est à l'intérieur de moi qu'elle se réalise, qu'elle vibre et qu'elle s'anime.

Quand j'ai voulu maigrir car je ne maîtrisais plus mon appétit, il y a plus de 25 ans de cela, c'est par moi même que j'y suis parvenue. Reprenant le sport, une alimentation équilibrée et surtout la force de poursuivre mon évolution psychologique et émotionnelle afin de ne pas replonger.

Et puis, quand on m'a dit "vous aurez peu de chances d'être une maman" car la mienne avait pris du distilbène, je n'ai écouté que d'une oreille et j'ai décidé d'aller adopter une enfant sénégalaise, parcours un peu jalonné de difficultés diverses pour mieux appréhender, je pense, notre réelle envie de nous lier à cette petite vie de l'autre bout de notre terre de naissance.

Et puis finalement, après quelques traitements bien compliqués car épuisants et surtout décevants quand rien ne vient se confirmer, j'ai décidé de me faire prendre en charge avec une thérapie brève et j'ai pu ainsi me libérer de mes tourments. Une première fille est née de façon tout à fait naturelle sans plus aucun médicament. Une autre a suivi trois après comme je l'avais décidé, tout aussi aisément.

Et puis, j'ai repris mes études car les filles ont grandi et étaient toutes scolarisées, et ma vie, je voulais la vivre en adéquation avec qui j'étais. J'ai donc passé plusieurs mois intenses pour passer un diplôme de naturopathie, à distance, à 43 ans.

Autour de moi, j'entends souvent des gens se plaindre de leurs conditions de vie, qu'ils ne s'en sortent pas. Aujourd'hui, je souris. Mon mari et moi vivons avec très peu de moyens. Je n'ai pas de permis donc pas de voiture à charge et mes filles sont boursières. J'ai du, un temps, car la banque avait pris tout mon argent pour régler les traites de la maison achetée avec mon ex-mari parti refaire sa vie un beau matin, me rendre au secours populaire, utiliser des bons alimentaires et faire des économies de bouts de chandelles, comme disent certains.

Comment les enfants font-ils pour être heureux dans de telles conditions? On leur sourit en permanence et surtout on leur dit que tout va bien se passer. On prend le temps de faire des choses avec elles et surtout on va à l'essentiel, on ne s'encombre plus de l'inutile et on réapprend à devenir maître de son quotidien.

On mange différemment car on se remet à cuisiner des produits de saison qui coûtent moins cher que ce qui est industrialisé et surtout étiqueté avec une marque bien particulière.

On se rend dans les dépôts ventes de vêtements pour leur montrer qu'on peut s'habiller avec des marques comme les copines mais sans avoir un budget de fashion-victim. Et surtout on passe beaucoup de temps ensemble, dans la nature, près de la mer, ce qui crée des liens indéfectibles car l'amour ça n'a pas de prix mais une valeur inestimable.

On détourne des objets qu'on a récupérés dans les vides greniers ou à côté des poubelles. On repeint, on coud, on raccommode, on retaille, on récupère, on fabrique, on crée, on invente.

J'ai d'ailleurs fini par fabriquer mes propres carnets et tout ce qu'il faut pour donner l'envie d'offrir et de recevoir autour de l'écriture. Mais là encore, pas de commandes, à croire que je ne sais pas m'y prendre pour vendre mes créations.

Mon livre : recueil de mes écrits, je l'ai édité par moi même pour répondre aux demandes de mes lecteurs des réseaux sociaux qui finalement n'ont pas cru bon me l'acheter une fois qu'il était là, prêt à être envoyé dans leur boîte aux lettres, à peine sorti de chez l'imprimeur.

Alors oui, il me fallait retourner là où je suis née pour comprendre que ce froid qui y a régné pendant notre séjour comme naguère, m'a donné l'envie de croire toujours plus à une vie meilleure, de me remettre en question en permanence, d'accueillir ce qui est sans pour autant subir de vives souffrances, de vouloir me relever quand parfois on me croyait noyée sous les circonstances douloureuses.

Il était bon de remonter le temps et surtout en présence de mon nouveau mari, celui qui partage ma vie jour après jour, celui que j'ai aimé avant même de l'avoir vu car je savais que ses vibrations feraient résonner les miennes au plus haut degré.

Il était bon aussi de savoir que là haut des gens me comprenaient, que eux aussi ressentaient parfois cet empêchement d'avancer comme ils aimeraient et que finalement on se retrouvait toujours pour partager le meilleur et ainsi transcender le pire.

On a tous des vies différentes, comme cette dame qui nous a loué le gite et qui nous a avoué être atteinte d'un cancer généralisé mais qui veut "se battre contre la maladie", nous a-t-elle dit et poursuit tout de même ses nombreuses activités en levant un peu le pied.

Comme ses chasseurs qui traquaient un troupeau de biches et que nous avons retrouvées saines et sauves, pour la plupart, le lendemain près de la maison, comme les faisans au bord du chemin qui ne craignent plus rien et les lièvres qui nous saluaient au coucher du soleil dès notre retour le soir.

Il était bon que je revienne dans ma région avec les enfants de mon mari afin qu'ils découvrent une région forte agréable car pleine de ressources insoupçonnables.

Ici les gens sont plein d'allant et pourtant leur vie n'est pas toujours à l'image de ce qu'ils souhaiteraient vraiment.

Alors oui, je suis partie pour poursuivre ma destinée autrement, pour que tout ce qui m'empêchait de vivre à mon gré, puisse rester loin de mes pensées et de mon actualité, pour que je puisse me réaliser pleinement et vivre comme je l'entendais et surtout faire des choix conscients afin de mieux appréhender le chemin que je souhaite suivre désormais.

La Loire semble être aujourd'hui pour moi la limite à ne pas dépasser. Le passé est ce qui m'a permis de construire mon présent. Mais aujourd'hui c'est ce que je souhaite vivre au quotidien qui va concrétiser mon avenir, en laissant de côté les vieilles mémoires et tout ce qui n'a plus lieu d'exister.

Un monde nouveau est en marche, pour chacun d'entre nous et c'est en refusant de le laisser à l'abandon de notre coeur aimant que nous pourrons mieux le réaliser.

Il est important aujourd'hui de faire un bilan de ce qui a été, de ce qui est et ainsi pouvoir retracer un plan de vie plus conforme à ce que l'on est en mesure de mettre en action dans un temps plus ou moins rapproché.

Certains diront "elle déprime sûrement". Moi je dis non je confirme ce qui est et surtout je me sens très résiliente quant à mon passé et surtout très consciente que nous avons tous des besoins différents et qu'il faut savoir parfois montrer du doigt ce qui ne nous convient pas ou plus pour laisser place à ce qui nous anime vraiment.

Alors Facebook, Linkedin, Instagram ou ma famille proche et mes amis en chair et en os? Tout a une raison de vivre et d'exister car quoi qu'on en dise et qu'on pense aussi, elle sait toujours "la vie" ce qu'il est bon pour nous d'expérimenter. Alors laissons-la nous guider sur le chemin de notre destinée et oublions de résonner en tant que sous-fifre de notre conditionnement mais plus en être de lumière rempli de belles énergies vibrantes.