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Comment je suis passée de femme carriériste à femme au foyer et à ce jour femme indépendante

Quand j'étais à l'école élémentaire, j'ai passé une classe. Quand j'avais fini mes devoirs de CE1 je faisais ceux du tableau des CE2, ce qui m'a valu d'aller directement en CM1.


Diagnostiquée HPI au collège, j'avais cependant bien du mal dans certaines matières... et je manquais de maturité émotionnelle. J'ai donc redoublé ma quatrième. Puis au lycée, j'ai choisi un bac économie. J'ai finalement raté mon bac et tant mieux pour moi car j'étais coincée dans une relation toxique.


Je ne savais pas vraiment vers quoi me diriger. Je rêvais de journalisme, d'être grand reporter. Certains me voyaient maitresse d'école car j'adorais les enfants.


Finalement une année de lycée en plus m'a fait prendre conscience que j'avais besoin d'autre chose que d'un diplôme en communication, ce vers quoi je voulais me diriger l'année précédente.


Au cours d'une journée portes ouvertes, j'ai été intriguée par un cuisinier qui présentait l'école hôtelière où il exerçait...

Ça m'a fait tilt. J'ai postulé à plusieurs endroits et c'est près de valenciennes que j'ai été prise pour obtenir un BTS.


3 années merveilleuses...beaucoup de pratiques...des séminaires....des choses concrètes...


Toujours cette timidité qui me suivait mais que j'ai appris à surmonter.


Et puis est venue l'heure de l'examen final : major de promo...comme quoi quand on suit son propre chemin et qu'on est dans la bonne filière, on est au top de ses propres compétences.




De là, j'ai voulu me lancer dans une carrière sur les bateaux ou comme hôtesse de l'air...


Mais étant en couple, j'y ai finalement renoncé.


Les offres de postes en réception n'étaient pas nombreuses dans ma région et puis sincèrement, j'avais besoin de prendre mon envol alors j'ai décidé de chercher un poste sur Paris.


Le directeur d'un hôtel dans le 8ème m'a embauchée car je venais du Nord et qu'il savait, m'a-t-il dit, que c'était des bosseurs!


Il n'a pas été déçu car j'étais très impliquée. J'ai côtoyé de très nombreuses personnalités.


Dans ma tête, j'étais partie pour faire carrière et cumuler les expériences pour monter les échelons.


Après quelques mois, j'ai intégré un autre de leurs établissements près du boulevard Saint Michel.


Je suis restée dans cette entreprise 9 mois.


Je m'étais promise en sortant de l'école hôtelière que je ferai 1 an de réception, pas plus et qu'ensuite je chercherai un poste à responsabilités.


N'ayant que peu de place pour une vie de couple et surtout ne pouvant pas du tout être à l'écoute de mon rythme biologique à cause des horaires totalement décalés, j'ai mis fin à mon contrat en plein été.


Nous sommes partis en vacances dans le sud comme après l'obtention de mon diplôme, comme quoi le sud m'inspirait déjà!


À mon retour, je suis allée dans une boite de placements. Elle m'a proposé plusieurs poste qui ne me convenaient pas. Et elle a fini par me parler d'un poste où elle pensait que je n'étais pas assez qualifiée. Alors j'ai fortement insisté jusqu'à ce qu'elle finisse par m'envoyer à l'entretien d'embauche.


Ce poste correspondait en tout point à mes besoins et à mes aspirations : assistante dans un restaurant étoilé.


J'ai eu le poste.


Une nouvelle vie pour moi et surtout beaucoup plus de responsabilités et carte blanche sur pas mal de dossiers.


Ils m'ont fait confiance malgré ma toute petite expérience et m'ont amenée au plus haut de ce que je pouvais espérer. Je ne les remercierai jamais assez pour tout ce qu'ils m'ont apportée et surtout leur confiance.


Ils m'avaient même dit que quand ils partiraient à la retraite, ils me placeraient dans l'établissement d'un collègue à un poste similaire voire supérieur.


Et puis, finalement, c'est là que mon désir d'enfant a pris le dessus.


J'étais en plein parcours PMA.


Et après plusieurs échecs, j'avais besoin de m'éloigner de la capitale, du bruit, du monde, pour mettre mon corps au repos.


Besoin de retrouver le bord de mer où nous allions de plus en plus ces derniers temps.


Je suis donc repartie dans le nord là où mon ex-conjoint a pu être muté.


Une pause bien appréciable pour moi.


Une parenthèse où nous avons décidé de partir en vacances au Sénégal et là ce fut le coup de foudre.


Comme j'avais toujours eu le projet d'adopter même si nous avions des enfants naturellement, cela nous a poussé à faire notre demande d'agrément et de nous tourner vers ce pays qui est devenu surtout pour moi, mon pays d'adoption après avoir tissé des liens très forts avec une amie sénégalaise que nous avions rencontrée lors de notre premier séjour, là où elle travaillait.


Ma vie professionnelle s'est donc arrêtée net même si j'étais encore en contact via un fax que mes ex-patrons m'avaient offert pour les aider en cas de besoin surtout au niveau des documents à rédiger.


J'ai toujours aimé écrire, l'orthographe, la syntaxe...


Je pouvais mettre mes compétences à leur service, même une fois que je n'étais plus leur salariée.


Nous avons pu adopter notre premier enfant en 1999. 3 ans après avoir mis fin brutalement à ma carrière.




Le climat du Nord n'étant pas adapté pour cette petite fille venue d'Afrique, nous avons décidé de partir dans le Sud et nous sommes arrivés dans les Pyrénées Orientales.


Là j'ai pu m'épanouir...


J'ai continué à créer des cartes de sable...j'ai donné des cours de cuisine à l'école maternelle, m'inscrire dans l'association des parents d'élèves...


J'organisais en parallèle des repas festifs avec nos amis, des activités pour les enfants...


J'ai fini par avoir 2 enfants naturellement.


Et tout comme je l'avais souhaité depuis toujours : avec 4 ans d'écart chacune, pour pouvoir profiter de l'une pendant que l'autre était à l'école.


Nous avons acheté une maison.


Mais au fond de moi ce qui était dur c'était de ne plus avoir d'indépendance financière même si pour moi garder ses enfants est vraiment un métier à part entière!


J'étais toujours en train de tout calculer pour ne pas dépenser trop.


En plus nous avions débuté des travaux!


On pensait tout de même à un quatrième enfant.


Et puis un beau jour...


Plus de famille...


Je me retrouve seule avec les 3...



Je me débrouille comme je peux. Elles sont petites. Je veux être présente au maximum.


On quitte la maison qui est mise aux enchères.


On nous trouve un appartement en HLM.


Pour moi c'est une renaissance.


J'ai habité longtemps en HLM avec mes parents et pour moi c'était un lieu d'échange, de convivialité entre voisins, et de simplicité...


Tout le contraire des contraintes d'une maison surtout quand on est propriétaires et qu'on entame de gros travaux.


On a eu le logement exactement là où je voulais.


On était bien.


Je me suis débrouillée comme je pouvais.


N'ayant ni permis ni voiture, j'avais peu de frais.


Pour habiller les filles, pour la nourriture, il y avait toujours des plans B, des aides....


Et puis un jour, le conseil général m'a convoquée pour me dire qu'il était temps de reprendre une activité. Mais laisser les filles seules à la maison pour reprendre un poste dans l'hôtellerie : impossible pour moi.


Et puis un week-end, je rêve d'une formation à distance.


Je me mets sur mon ordinateur pour chercher et là je découvre la naturopathie.


C'est tellement en lien avec tout ce que j'aime et tout ce qui me touche de près.


Végétarienne depuis de nombreuses années, soucieuse de la santé mentale et physique, peu adepte des médicaments, ayant du magnétisme curatif dans les mains...


Je me suis dit que c'était fait pour moi.


On m'a payé ma formation.


Les filles étaient toutes fières de voir leur maman ramener des bonnes notes!


Je faisais les cours à distance. Je travaillais quand elles étaient à l'école.


Après obtention du diplôme, j'ai suivi une formation de création d'entreprise.


Et voilà qu'en janvier 2013, je me suis inscrite en tant qu'auto-entrepreneur.



J'ai tout de suite eu du monde mais mes tarifs étaient bien trop bas pour pouvoir en vivre.


J'ai augmenté au fur et à mesure et eu de plus en plus de clients surtout en travaillant à distance, jusqu'à être redevable de la TVA ayant dépassé financièrement les seuils.


J'ai pu mettre beaucoup d'argent de coté.


Et retrouver une vie plus confortable quoique toujours basée sur l'essentiel.


Aujourd'hui je suis indépendante, j'ai pu acheter ma maison avec mon nouveau conjoint.



Je suis libre d'agir comme je veux, d'investir mon argent et mon temps comme ça me convient personnellement.


J'ai apprécié chaque phase de ma vie.


Mais j'avoue que cela a été dur de me couper du monde professionnel et surtout de devoir toujours compter sur l'autre, de ne plus pouvoir proposer mes compétences et de continuer d'évoluer dans cette sphère.


Et en même temps, j'ai pu bien profiter de mes filles et heureusement finalement car cela nous a énormément soudées toutes les 4 surtout quand on s'est retrouvé dans le chaos de cette séparation.


Aujourd'hui mes filles sont indépendantes et ce dès qu'elles ont été en capacité de travailler. Je pense que mon expérience leur a montré qu'il ne faut pas dépendre d'un autre.


Quand des jeunes viennent me voir en consultation et que je leur demande : "comment ça se passe pour toi?" et qu'elles me répondent: " je peux compter sur mon copain", je leur rappelle l'importance de rester le plus possible indépendante, pour ne pas s'éloigner de leurs ambitions, de leur chemin, de leurs propres expériences, de leur autonomie, de leur liberté...


Voilà mon histoire!


Comme quoi on peut être carriériste, mère au foyer et revenir dans le monde professionnelle plus forte que jamais!








 
 
 

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